Le barème kilométrique 2026 a été publié par l’administration fiscale : il est reconduit à l’identique de 2025, sans revalorisation. Vous trouverez ci-dessous le tableau officiel complet par puissance fiscale, la formule de calcul et des exemples concrets. Mais au-delà du barème lui-même, une question mérite d’être posée par toute entreprise qui verse des indemnités kilométriques (IK) de façon récurrente : à partir de quel moment ce dispositif devient-il plus coûteux et moins maîtrisé qu’un véhicule d’entreprise ? C’est l’arbitrage que cet article vous aide à poser.
Tableau officiel 2026 : barème automobile par puissance fiscale
Le barème varie selon deux critères : la puissance fiscale du véhicule, exprimée en chevaux fiscaux (CV), et la distance parcourue à titre professionnel sur l’année (représentée par la lettre d, en kilomètres). Le CV fiscal n’a rien à voir avec la puissance moteur réelle : c’est une donnée administrative, indiquée sur la carte grise dans la case P.6. Repérez la ligne correspondant à votre véhicule, la colonne correspondant à votre kilométrage annuel, et appliquez la formule.
| Puissance administrative | Jusqu’à 5 000 km | 5 001 à 20 000 km | Plus de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Majoration véhicules électriques : les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 % du montant calculé, quelle que soit la tranche. Les hybrides ne sont pas concernés. À noter également : le barème 2026 est identique à ceux de 2024 et 2025, la dernière revalorisation remontant à 2023 (+5,4 %).
Exemples de calcul
Moins de 5 000 km : un salarié parcourt 4 000 km avec une voiture de 5 CV. Calcul : 4 000 × 0,636 = 2 544 €.
Entre 5 001 et 20 000 km : un commercial parcourt 8 000 km avec le même véhicule. Calcul : (8 000 × 0,357) + 1 395 = 4 251 €. S’il roule en électrique, la majoration de 20 % porte le montant à 5 101 €.
Côté exonération : dans la limite du barème, les IK versées par l’employeur sont exonérées de cotisations sociales, à condition de pouvoir justifier la puissance du véhicule, les distances et les trajets professionnels (la bonne pratique : un carnet de bord conservé au moins trois ans). La fraction versée au-delà du barème est réintégrée dans l’assiette des cotisations.
IK ou véhicule d’entreprise : la vraie question pour l’employeur
Verser des IK est simple et pertinent pour des déplacements occasionnels. Mais quand les kilométrages deviennent réguliers et importants, le dispositif montre ses limites, et beaucoup d’entreprises continuent de le subir sans jamais poser l’arbitrage avec l’alternative : fournir un véhicule d’entreprise, dont les dépenses de carburant sont gérées par une carte professionnelle. Voici les éléments pour trancher.
Le coût des IK grimpe vite avec le kilométrage
Le barème est généreux pour les gros rouleurs, et c’est mécanique : un salarié qui parcourt 15 000 km par an avec un véhicule de 5 CV perçoit (15 000 × 0,357) + 1 395 = 6 750 € d’IK annuelles. À 20 000 km, on atteint 8 535 €. Des montants de cet ordre, versés chaque année pour un seul collaborateur, se rapprochent du coût annuel d’un véhicule d’entreprise en location longue durée. Multipliés par plusieurs salariés itinérants, ils justifient au minimum de faire le calcul comparatif.
Deux angles morts de l’IK : la TVA et la traçabilité
L’IK est un forfait versé au salarié qui utilise son véhicule personnel et paie lui-même son carburant. Conséquence directe : il n’existe aucune facture au nom de l’entreprise, et la TVA n’est pas récupérable sur les IK. À l’inverse, lorsque le carburant d’un véhicule d’entreprise est réglé via une carte carburant professionnelle, chaque plein génère une facture nominative avec la TVA identifiée, ouvrant droit à sa récupération partielle (selon des règles qui varient par type de carburant et de véhicule, précisées sur le BOFiP). Sur des volumes de carburant importants, l’écart n’est pas anecdotique.
Second angle mort :
l’IK repose sur un kilométrage déclaré par le salarié. L’entreprise doit s’appuyer sur le déclaratif et les justificatifs fournis, avec un risque d’erreur ou de surdéclaration difficile à contrôler. Avec une carte carburant, l’entreprise voit les transactions effectives (date, station, quantité, montant) : la consommation réelle est tracée, pas estimée.
Ce que l’IK conserve pour elle
L’arbitrage n’est pas à sens unique. L’IK reste le bon dispositif dans plusieurs cas : déplacements professionnels occasionnels ou saisonniers, collaborateurs qui tiennent à utiliser leur propre véhicule, entreprise qui ne souhaite pas immobiliser de capital ni gérer une flotte. Elle ne demande aucun investissement initial, aucune gestion de véhicule (entretien, assurance, revente), et sa mise en place est immédiate. À faible kilométrage, elle est presque toujours la solution la plus simple et la plus économique.
Comparatif : IK ou véhicule d’entreprise avec carte carburant
| Critère | IK (véhicule personnel) | Véhicule d’entreprise + carte carburant |
|---|---|---|
| Mise en place | Immédiate, sans investissement | Acquisition ou location du véhicule |
| Coût pour l’entreprise | Croît avec le kilométrage, peu prévisible | TCO maîtrisé et budgétable |
| TVA sur le carburant | Non récupérable | Récupérable en partie, sur facture nominative |
| Suivi de la consommation | Kilométrage déclaré par le salarié | Transactions réelles tracées |
| Charge administrative | Notes de frais et justificatifs mensuels | Facture unique consolidée |
| Pertinence | Déplacements occasionnels, faibles kilométrages | Kilométrages réguliers et élevés |
Les signaux qui doivent déclencher la réflexion
Quelques indicateurs simples suggèrent qu’il est temps de poser le calcul comparatif :
- Un ou plusieurs salariés dépassent régulièrement 10 000 à 15 000 km professionnels par an
- Les IK représentent un poste récurrent et croissant dans les frais mensuels
- La collecte des justificatifs et le contrôle des notes de frais deviennent chronophages
- L’entreprise souhaite récupérer la TVA sur un poste carburant devenu significatif
Si plusieurs de ces signaux sont présents, la comparaison entre le total annuel des IK versées et le coût complet d’un véhicule d’entreprise (acquisition ou location, assurance, entretien, carburant net de TVA récupérée) mérite d’être faite salarié par salarié.
En résumé
Le barème kilométrique 2026, reconduit à l’identique pour la troisième année consécutive, reste l’outil de référence pour rembourser ou déduire les frais de déplacement en véhicule personnel. Mais pour une entreprise, il ne doit pas être un réflexe par défaut : au-delà d’un certain kilométrage, les IK cumulent un coût élevé, une TVA non récupérable et un suivi déclaratif. Le passage à un véhicule d’entreprise, dont le carburant est géré par une carte professionnelle offrant facture unique, TVA identifiée et traçabilité des transactions, devient alors une alternative sérieuse à chiffrer. La bonne décision dépend du kilométrage, du nombre de salariés concernés et de la politique de mobilité de l’entreprise : le barème ci-dessus vous donne le premier terme de la comparaison, il ne reste qu’à poser le second.
FAQ
Non. Le barème 2026 est reconduit à l’identique de 2025, lui-même identique à 2024. La dernière revalorisation remonte à 2023 (+5,4 %). Pour une automobile jusqu’à 5 000 km, les taux vont de 0,529 €/km (3 CV et moins) à 0,697 €/km (7 CV et plus).
Repérez la puissance fiscale de votre véhicule (case P.6 de la carte grise) et votre kilométrage professionnel annuel, puis appliquez la formule du tableau. Exemple : pour un véhicule de 5 CV et 8 000 km, le calcul est (8 000 × 0,357) + 1 395 = 4 251 €. Pour un véhicule 100 % électrique, majorez le résultat de 20 %.
Non. L’IK est un forfait versé au salarié, qui paie lui-même son carburant : il n’existe pas de facture au nom de l’entreprise, donc pas de TVA récupérable. La récupération n’est possible que sur le carburant facturé directement à l’entreprise, par exemple via une carte carburant professionnelle utilisée sur un véhicule d’entreprise.
Il n’y a pas de seuil officiel, mais un repère utile : un salarié parcourant 20 000 km par an avec un véhicule de 5 CV perçoit environ 8 535 € d’IK annuelles, un montant qui se rapproche du coût d’un véhicule d’entreprise en location longue durée. Au-delà de 10 000 à 15 000 km par an et par salarié, le calcul comparatif mérite d’être posé.
Oui, dans la limite du barème publié par l’administration fiscale, et sous réserve de justificatifs (puissance du véhicule, distances, trajets professionnels). La fraction versée au-delà du barème est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales.
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